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Un séisme de magnitude 2.7 réveille Annecy (Haute-Savoie) le 6 avril 2013

| le 08-04-2013 | par François Giannoccaro - Directeur de l'IRMa | 4574 vues | Recommander cet article | Ajouter aux favoris |
Un séisme de magnitude 2.7 réveille Annecy (Haute-Savoie) le 6 avril 2013

Un tremblement de terre d'une magnitude de 2.7 sur l'échelle de Richter de terre réveille Annecy (Haute-Savoie), ce samedi 6 avril peu avant 23 h 00 sans faire de victimes, ni de dégâts. Un autre dimanche au petit matin vers 5 h 00 de magnitude 3,6 dont l'épicentre était situé à proximité de Coni (Cuneo, Italie) est ressenti également en France. Ces derniers jours, pas moins de 6 séismes ont touché la Méditerranée, les Alpes italiennes et françaises. Point synthétique sur le risque sismique en Rhône-Alpes.

Dans la soirée de samedi 6 avril, il était 22h49 lorsque les Annéciens et les habitants des communes alentours ont ressenti les secousses du séisme. La secousse n'a duré que quelques secondes et rapidement des habitants sont sortis de chez eux, parfois inquiets. Les services de secours et la gendarmerie d'Annecy ont reçu plusieurs centaines d'appels.  

L'épicentre exact de la secousse est situé à deux kilomètres au nord-ouest d'Annecy, dans un triangle Annecy-Meythet-Metz-Tessy. Selon le réseau Sismalp, les coordonnées sont très proches de celles de l'épicentre du séisme du 15 juillet 1996, de magnitude 4.9 (échelle de Richter), qui avait provoqué 50 millions d'euros de dégâts. Comme le séisme de 1996, ce dernier tremblement de terre est vraisemblablement lié au coulissage horizontal de la faille du Vuache.

Depuis 1996, plusieurs centaines de séismes ont été localisés dans ce secteur de la plaine d'Epagny, dont au moins une centaine ressentis, souvent très faiblement. La plaine d'Epagny formée de marais asséchés amplifie le ressenti car les différentes couches de sédiments permettent un un effet de site.

La secousse ressentie est la plus forte qui se soit produit depuis 1996 dans ce secteur. Il est probable que l'activité se poursuive dans les mois et peut-être les années qui viennent.


La sismicité dans le sud-est de la France : Rhône-Alpes est l’une des régions les plus sismiques de France métropolitaine

 

Selon la place scientifique grenobloise, la zone la plus active se situe de part et d’autre de la frontière franco-italienne, le long de deux « arcs » : l’arc sismique piémontais, situé en Italie en bordure de la plaine du Pô, et l’arc briançonnais qui traverse l’Ubaye, le Queyras, la région de Briançon et la Vanoise avant de rejoindre le Val d’Aoste. Le long de ces deux arcs, dont on avait pressenti l’existence depuis le milieu du siècle dernier sur la base de la sismicité historique, l’activité sismique est très continue, presque quotidienne. Un troisième arc se dessine plus à l’est, sous la plaine du Pô, au sud de Turin. L’une des plus importantes découvertes de ces dernières années est l’existence d’un quatrième arc, situé beaucoup plus à l’ouest, que l’on peut suivre depuis la vallée du Drac, au sud de Grenoble, jusqu’à Sixt (Haute-Savoie), en passant par Uriage et Allevard (Isère), Saint-Pierre-d’Albigny (Savoie), Faverges, le Grand-Bornand et Samoëns (Haute-Savoie).

Entre Monestier-de-Clermont et Allevard (Isère), cet arc subalpin a une partie sud très rectiligne et assez active qui a été baptisée « Faille bordière de Belledonne » parce qu’elle s’appuie sur le flanc ouest du massif du même nom. Les séismes qui s’y produisent ont des magnitudes qui restent modérées (inférieures à 3,5). La majorité d’entre eux étant située vers 5 km de profondeur, la faille n’est pas décelable en surface. On a pu mettre en évidence qu’il s’agissait d’une faille de coulissage horizontal permettant au massif de Belledonne de se déplacer très lentement vers le sud-ouest (probablement guère plus d’un millimètre par an selon les scientifiques) par rapport au Grésivaudan et au massif de la Chartreuse. Le plus gros séisme qui se soit produit récemment sur la faille bordière de Belledonne est celui de Laffrey, en 1999 (magnitude 3,5), qui a généré de très nombreuses répliques dans les mois qui ont suivi.

La faille dont il était question le week-end dernier s’est aussi manifestée de façon spectaculaire en juillet 1996 lors du séisme d’Épagny (Haute-Savoie) qui a atteint la magnitude de 4,9 sur l'échelle de Richter. C’est la faille du Vuache, du nom du chaînon qui, au nord-ouest d’Annecy, relie le Jura au massif des Bornes. L’étude des répliques a permis d’établir que, là aussi, il s’agissait d’une faille de coulissage horizontal située à très faible profondeur (entre 1 et 3 km). Le séisme d’Épagny est le plus important séisme qui se soit produit dans les Alpes françaises depuis le séisme de Corrençon (Isère), en 1962. Il a provoqué 400 millions de francs de dégâts, principalement en raison de la faible profondeur du foyer, de sa survenance dans une zone habitée, et surtout d’effets de site (entrée en résonance des couches alluvionnaires peu consolidées de la Plaine d’Épagny).

Le site web du réseau Sismalp (voir lien ci-dessous) dispose d’une page dynamique mise à jour en temps réel. On peut y visualiser les derniers séismes que vient de détecter le réseau d’alerte, la liste des dernières localisations, l’« avis de localisation » correspondant au dernier séisme ressenti dans le Sud-Est, et les communiqués de presse diffusés ces dix dernières années en cas de séisme jugé suffisamment important (magnitude supérieure à 2,5 environ).

En savoir plus :

> Sur le risque sismique dans la Région Rhône-Alpes
http://www.irma-grenoble.com/04risques_rhone_alpes/01atlas_region.php?id_CRA=13

> Sur les derniers séismes répertoriés par le réseau Sismalp basé à Grenoble
http://sismalp.obs.ujf-grenoble.fr/

> Connaitre notre dossier thématique multimédia "La terre tremble !!! Et Rhône-Alpes dans tout ça ?"
http://www.irma-grenoble.com/05documentation/04dossiers_numero.php?id_DT=5

> Le programme national de prévention du risque sismique
http://www.planseisme.fr/



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