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Les inondations de plaine

 
Définition

Chaque cours d'eau, du plus petit torrent aux grandes rivières, collecte l'eau d'un territoire plus ou moins grand, appelé son bassin versant. Lorsque des pluies abondantes et/ou durables surviennent, le débit du cours d'eau augmente et peut entraîner le débordement des eaux. La relation entre les précipitations et les débits est complexe et fait l'objet d'une science : l'hydrologie.
Les caractéristiques du bassin versant (paramètres géographiques, nature et état des sols…) conditionnent fortement le ruissellement donc les conditions de formation des crues. L’intervalle de temps existant entre le déclenchement de la pluie, le ruissellement, la propagation de la crue, la montée des eaux, et le débordement, permet de prévoir ou non suffisamment à l’avance l’inondation pour alerter la population et procéder à des évacuations si nécessaire.
Les cours d’eau de plaine produisent des inondations lentes qui permettent l’annonce des crues et l’évacuation des personnes menacées. Elles ont souvent des conséquences économiques très lourdes.

Quelques définitions :
• Lit mineur : lit ordinaire du cours d’eau. Sa capacité est généralement limitée à des débits de crue de période de retour de l’ordre de 1 à 5 ans.
• Lit majeur : totalité du fond de vallée

les caractéristiques hydrauliques des crues de plaine sont décrites à partir de trois paramètres :
le débit : pour un cours d’eau donné, un débit théorique est attaché à chaque type de crue. Par exemple, si le débit de la crue annuelle (qui revient tous les ans) est de 500 m3/s, celui de la crue décennale (1 chance sur 10 de se produire chaque année) pourrait être de 1500 m3/s et celui de la crue centennale (1 chance sur 100 de se produire chaque année) pourrait être de 4000 m3/s. L’analyse des données historiques et les études hydrologiques permettent de déterminer une probabilité d’occurrence de chaque type de crue. Ces calculs vont permettrent aussi de déterminer le dimensionnement des ouvrages de protection. En fonction de l’importance des débits, une crue peut être contenue dans le lit ordinaire ou déborder dans son lit majeur.
la hauteur d’eau : la hauteur de submersion peut atteindre plusieurs mètres. La laisse d'inondation est la trace laissée par le niveau des eaux les plus hautes (marques sur les murs, déchets accrochés aux branches). Les dégradations sont fonction de la durée de la crue, de la hauteur de submersion et de la vitesse d'écoulement.
la vitesse du courant

Le débit solide représente une fraction volumique très faible de l’écoulement et n’influence pas les résultats des calculs hydrauliques sur le débit liquide seul.
 
Les différentes manifestations du phénomène

Les inondations se produisent à la suite des phénomènes suivants :
Débordement direct du cours d'eau : il sort de son lit mineur pour occuper son lit majeur.
Débordement indirect du cours d'eau : les eaux remontent par effet de siphon à travers les nappes alluviales, les réseaux d'assainissement ...
Rupture de digue
 
Les causes du phénomène

Le inondations importantes, provoquées par les bassins de la Seine, de la Loire, de la Garonne, du Rhône ou du Rhin ont lieu principalement en hiver ou au printemps dans les périodes de forte pluviométrie.

Les crues sont provoquées par des pluies prolongées qui tombent sur des reliefs peu marqués aux sols assez perméables où le ruissellement est long à se déclencher (grandes superficies des bassins versants, plusieurs dizaines de milliers de km², et faibles pentes). Le temps nécessaire à l’eau tombée pour rejoindre le cours d’eau principal est donc important et il ne peut s’agir au contraire des torrents de la répercussion d’épisodes orageux violents et localisés.

Les grandes plaines fluviales ont toujours représenté des terrains attractifs pour les hommes, ce qui les a conduit à coloniser les lits majeurs des grands cours d’eau (voies navigables, terrains fertiles pour l’activité agricole, terrains plats facilement desservis par différentes voies de communication...). Cette expansion s’est effectuée au détriment des espaces naturellement inondables dont l’effet régulateur est pourtant fondamental en cas de crue.

La présence humaine joue donc un double rôle : elle constitue le risque en exposant des biens et des personnes aux inondations et elle aggrave l’aléa et le risque en modifiant les conditions d’écoulement de l’eau. C’est encore une fois le conflit entre intérêts économiques et besoin de sécurité.
 
Les effets du phénomène

La lenteur de ces événements permet dans la majorité des cas l’annonce des crues et l’évacuation des personnes menacées. Leurs conséquences sont donc principalement économique même si la menace peut aussi se révéler importante pour de nombreux riverains, principalement en raison de leur méconnaissance du risque (vitesse du courant…).

Les submersions peuvent se prolonger plusieurs jours, voire plusieurs semaines, entraînant des dégâts considérables aux biens, des perturbations importantes sur les activités, des désordres sanitaires et des préjudices psychologiques graves.
 
La prévision

L'inondation est un risque prévisible dans son intensité, mais il est difficile de connaître le moment où elle se manifestera. Les paramètres concourant à la formation des crues sont nombreux mais la pluie reste le facteur déterminant.

La prévision des inondations consiste donc principalement en une observation continue des précipitations. Le centre météorologique de Toulouse publie quotidiennement une carte de vigilance à quatre niveaux, diffusée par les médias.
 
La prévention

L'État et les collectivités territoriales mènent une politique d'entretien et de gestion des cours d'eau domaniaux. Dans le cas des cours d'eau non domaniaux, ce sont les propriétaires riverains qui ont cette obligation d'entretien :
- curage régulier du lit pour rétablir le cours d'eau dans sa largeur et sa profondeur naturelles ;
- entretien des rives leur appartenant ;
- enlèvement des embâcles et débris pour maintenir l'écoulement naturel des eaux et assurer la bonne tenue des berges.

De plus et comme pour la plupart des autres risques naturel, les collectivités territoriales ont à leur charge la prise en compte du risque dans les documents d'urbanisme tandis que l'Etat doit réaliser les Plans de Prévention des Risques naturels (PPR) pour les communes les plus menacées.
 
 
LIENS WEB :

- Serveur de données hydrométriques temps réel du bassin Rhône Méditerranée
- Prim. net : les Atlas des Zones Inondables (AZI) en france
- Les digues sous haute surveillance (Cemagref)
- Les Atlas des Zones Inondables (AZI) en Rhône Alpes (site de la DIREN)
- Dispositif national de prévision des inondations (SCHAPI)
- Observatoire du Risque Inondation dans le Gard

 
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