les chutes de blocs/éboulements |
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Définition
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Ce sont des phénomènes rapides et brutaux qui mobilisent des blocs de roches plus ou moins homogènes. Ils consistent en la chute libre ou le roulement au départ, après rupture, de blocs formés par fragmentation, le mouvement pouvant ensuite se poursuivre par une série de rebonds de hauteur décroissante (dans le cas d'une pente régulière). L'ampleur du phénomène est liée à la quantité et au volume de blocs mobilisables et à la surface et la topographie de l'aire de réception des blocs éboulés.
Ces phénomènes affectent des roches rigides et fracturées tels que calcaire, grès, roches cristallines etc. Dans le cas des roches sédimentaires, la stratification accroît le découpage de la roche et donc les prédispositions à l’instabilité (présence d'une formation sous-jacente plus meuble, déformable ou érodable). |
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Les différentes manifestations du phénomène
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| Le volume total éboulé permet de distinguer les différents phénomènes entre eux : on parle de chutes de pierres et de blocs lorsque ce volume est inférieur à la centaine de m³, d’éboulement lorsqu’il est compris entre quelques centaines de m³ et quelques centaines de milliers de m³, et d’éboulement en grande masse (ou écroulement) lorsqu’il est supérieur au million de m³. |
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Les causes du phénomène
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La phase de préparation de la chute d’éléments rocheux est longue et difficile à déceler (altération des joints de stratification, endommagement progressif des roches qui conduit à l’ouverture limitée des fractures, etc.). La phase d’accélération qui va jusqu’à la rupture est brève ce qui rend ces phénomènes très difficilement prévisible.
Les facteurs naturels favorisant leur déclenchement sont nombreux. On peut citer par exemple les fortes variations de températures (cycle gel/dégel), la croissance de la végétation ou au contraire sa disparition (feux de broussailles), les pressions hydrostatiques dues à la pluviométrie et à la fonte des neiges…
Les séismes représentent un facteur aggravant car ils peuvent généraliser la mobilisation de blocs instables et/ou élargir l'étendue de l'aire de réception, les blocs pouvant parcourir un trajet plus important. Une secousse sismique peut provoquer la remobilisation de blocs déjà éboulés et stoppés dans les zones à forte pentes de l'aire de réception. | |
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Les effets du phénomène
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En montagne de nombreuses zones urbanisées et de très nombreuses infrastructure routières sont menacés par ces phénomènes. Dans le département de l'Isère par exemple, il n'est pas rare que des habitations ou des bâtiments soient touchés et des routes sont très souvent coupées et endommagées.
Le caractère soudain de ces phénomènes entraîne un risque conséquent pour les personnes. D'après les données du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable (MEDD), six personnes ont trouvé la mort en France, au cours des années 2001 et 2002, suite à des chutes de blocs et des éboulements. | |
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La prévision
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Il est impossible de prévoir quand vont se produire ces phénomènes même si certaines périodes sont plus propices que d'autres (fortes variations de températures, période suivant un incendie, forte pluviométrie...). Concernant les phénomènes de grande ampleur comme celui de Séchilienne en Isère, des systèmes d'auscultation et de suivi du versant affecté permette de connaître en temps réel son évolution et de prévoir suffisamment à l'avance un éboulement en grande masse (pour permettre la mise en oeuvre de l'évacuation des personnes menacées et du plan de secours adapté).
voir l'article de François LEMAITRE, Jean-Claude POUSSIERE, Jean-Paul DURANTHON et Laurent EFFENDIANTZ "Les dispositifs de mesure pour la surveillance des mouvements de terrain" (Risques Infos n°16) |
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La prévention
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La prévention contre les chutes de blocs et les éboulements consiste en premier lieu à cartographier l'aléa pour sa prise en compte dans l'urbanisme (via un PPR ou directement dans un PLU ou une carte communale) afin d'assurer la sécurité des biens et des personnes. Pour estimer l'occurence des phénomènes potentiels, il est possible dans le cas de phénomènes répétitifs tels que les chutes de blocs /éboulements d'avoir recourt à une approche probabiliste basée sur une analyse fréquentielle. Mais cette méthode implique de disposer de suffisamment de données ce qui n'est pas toujours le cas. A défaut de pouvoir accéder à une évaluation quantitative, en terme de fréquence ou de période de retour, l'estimation de l'occurence de ces phénomènes repose sur la notion de prédisposition du site à produire un événement donné dans un délai retenu. Cette prédisposition est estimée à partir d'une démarche d'expert par la reconnaissance :
- des antécédents,
- des indices précurseurs observables,
- des symptômes d'évolution.
La prédisposition d'un site est aussi estimée à partir de l'identification des paramètres favorables au déclenchement des processus d'instabilité (géologie, conditions météorologiques, sollicitations sismiques...).
Le signe prémonitoire le plus important d'une déstabilisation de la masse rocheuse correspond à l'observation de fissures ouvertes dans la formation rocheuse à l'arrière d'une falaise ou d'une pente raide. La présence de blocs de tailles variées, épars ou concentrés en pied de falaise traduit l'existence d'éboulements ou de chutes de blocs actifs ou passés.
Dans le cas des phénomènes de grande ampleur pour lesquels aucune protection ne s'avère efficace, l'Etat peut procéder à des mesures d'expropriation des populations menacées (cas du hameau de l'Ile Falcon menacé par les Ruines de Séchilienne).
voir l'article de Didier HANTZ et Denis JONGMANS (format PDF) " L’apport de la recherche dans l’évaluation de l’aléa éboulement rocheux" (Risques Infos n°16) |
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La protection
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Il existe de nombreuses manières de protéger des secteurs urbanisés et des infrastructures routières. Comme pour le risque avalanche ou le risque torrentiel on distingue :
- la protection active : cloutage de falaises, purges... destinée à limiter l'apparition du phénomène.
- la protection passive : digues, filets pare-blocs... construits directement en amont des zones à protéger et destinés à arrêter la propagation des blocs.
Ces techniques ne peuvent être utilisées que pour des phénomènes maîtrisables et non pour des mouvements de versants de grande ampleur tel que celui des ruines de Séchilienne en Isère. Pour ces derniers, il n'existe pas de solutions techniques de traitement. Ils ne peuvent faire l'objet que d'une auscultation ou d'une surveillance dans le cadre de la mise en oeuvre d'un plan d'évacuation et de secours.
La réalisation de travaux de protection contre les chutes de blocs et les éboulements a un coût important qui est en général supporté par les collectivités locales et l'État. Le conseil général de l'Isère consacre, chaque année, environ quatre millions d'euros au programme de protection des routes départementales contre ces risques. Ce programme est consacré presque exclusivement aux routes de montagne. |
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