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Les feux de forêt | | | | Définition
| Les feux de forêts sont des sinistres qui se déclarent et se propagent dans des formations, d'une surface minimale d'un hectare pouvant être des forêts (formations végétales dominées par des arbres et des arbustes, d'essences forestières, d'âges divers et de densité variable) ou des formations subforestières :
- maquis : formation végétale basse, fermée et dense, poussant sur des sols silicieux),
- garrigue : formation végétale basse mais plutôt ouverte et poussant sur des sols calcaires,
- les landes : formations végétales sur sols acides, assez spécifiques de l'ouest de la France (Vendée, Bretagne), composées de genêts et de petits arbustes.
Le feu pour apparaître et se propager a besoin de trois éléments :
- un combustible : la végétation forestière et subforestière. La forêt sera d'autant plus combustible que les arbres seront faibles en teneur d'eau (sécheresse, âge de l'arbre, maladie,...),
- un comburant : l'oxygène de l'air. L'évolution du feu (intensité et direction) dépend très largement des caractéristiques locales du vent, elles-mêmes modifiées par le relief,
- un flux de chaleur : le combustible, pour s'enflammer, doit être porté à une température suffisante pour activer la réaction chimique de combustion. | | | | Les différentes manifestations du phénomène
| Une fois éclos, un feu peut prendre différentes formes, chacune étant conditionnée par les caractéristiques de la végétation et les conditions climatiques (principalement la force et la direction du vent). Ainsi on distingue :
- les feux de sol, qui brûlent la matière organique contenue dans la litière, l'humus ou les tourbières. Alimentés par incandescence avec combustion, leur vitesse de propagation est faible ;
- les feux de surface, qui brûlent les strates basses de la végétation, c'est-à-dire la partie supérieure de la litière, la strate herbacée et les ligneux bas. Ils se propagent en général par rayonnement et affectent la garrigue ou les landes ;
- les feux de cimes, qui brûlent la partie supérieure des arbres (ligneux hauts) et forment une couronne de feu. Ils libèrent en général de grandes quantités d'énergie et leur vitesse de propagation est très élevée. Ils sont d'autant plus intenses et difficiles à contrôler que le vent est fort et le combustible sec.
Ces trois types de feu peuvent se produire simultanément sur une même zone. | | | | Les causes du phénomène
| Certaines formations végétales, comme les landes, le maquis et la garrigue, sont plus sujettes que d'autres au feu. Cette prédisposition s'explique par leur différence de composition (principalement la teneur en eau), mais aussi par les conditions climatiques auxquelles elles sont soumises. L'été est bien sûr la période de l'année la plus propice aux feux de forêt. Les effets conjugués de la sécheresse et d'une faible teneur en eau des sols favorisent l'éclosion d'incendies. Des conditions météorologiques particulières (année de sécheresse, accumulation d'arbres au sol après une tempête) peuvent engendrer des situations favorables aux départs de feux même dans des zones peu concernées par ce type de phénomène habituellement (cas de l'année 2003 en Isère par exemple). La présence d'une population touristique, voire même d'une population locale peu sensibilisée au danger, est aussi un facteur aggravant.
Les conditions météorologiques qui favorisent les feux de forêt sont essentiellement :
Le vent dont action est multiple :
- il active la combustion par apport d'oxygène ;
- il accélère la progression en couchant les flammes et en transportant des particules incandescentes ;
- il dessèche le sol et les végétaux ;
- il est imprévisible, car sa vitesse et sa direction varient en fonction du relief (effet de reverse dans le var) ;
- il masque les contours du foyer en rabattant la fumée...
La sécheresse qui est due :
- à la faiblesse de la pluviométrie ;
- à la faible capacité de rétention d'eau du sol et du sous-sol (calcaire, siliceux) ;
- à la chaleur et au vent.
Le relief joue aussi un rôle important : la pente conditionne l'inclinaison des flammes par rapport au sol et ainsi leur vitesse de propagation. L'exposition a également un rôle indirect sur la progression du feu, car elle conditionne le type de végétation, l'influence des vents et l'ensoleillement. Généralement, les versants sud et sud-ouest présentent les conditions les plus favorables pour une inflammation rapide et pour la propagation des flammes. | | | | Les effets du phénomène
| Les incendies de forêt sont beaucoup moins meurtriers que la plupart des catastrophes naturelles. Les plus touchés sont les sapeurs-pompiers qui payent parfois un lourd tribut en protégeant les forêts et les populations exposées aux incendies. Les feux de forêt sont aussi très coûteux, tant au niveau des moyens matériels et humains mis en œuvre, que des conséquences environnementales et économiques qui en découlent.
| | | | La prévision
| Elle consiste en une observation quotidienne de l'ensemble des paramètres pouvant concourir à la formation des incendies, principalement lors des périodes les plus critiques de l'année. Les conditions hydro-météorologiques, ainsi que l'état de la végétation, sont régulièrement surveillés, non seulement pour déterminer les situations pour lesquelles le risque est le plus élevé, mais également pour mobiliser préventivement les secours qui seront nécessaires en cas d'incendie.
Le satellite Stentor, mis à disposition par le Centre national d'études spatiales (CNES), est testé à titre expérimental. À terme, il transmettra en direct des images thermiques ou des données vidéos et phoniques, nécessaires à la prévision des incendies.
Une surveillance constante de tous les massifs sensibles permet également de détecter au plus tôt tout départ de feu. Les secours peuvent ainsi intervenir le plus rapidement possible. Cette rapidité d'intervention conditionne fortement l'étendue potentielle d'un incendie. La surveillance est réalisée au moyen de guets terrestres (tours de guet), complétés par des patrouilles mobiles, voire des patrouilles aériennes lorsque les massifs forestiers à surveiller s'étendent sur de vastes périmètres. | | | | La prévention
| Pour maîtriser les facteurs naturels à l'origine de départs de feux, la mise en place d'une politique globale d'aménagement et d'entretien de l'espace rural et forestier s'avère la solution la mieux adaptée. Les mesures de prévention doivent être prises par les collectivités publiques dans le cadre de leurs compétences, mais peuvent également incomber aux particuliers.
Les plans intercommunaux de débroussaillement et d'aménagement forestier, les PIDAF, sont les principales structures de prévention des forêts contres les incendies. Ils ont notamment pour but de planifier et de hiérarchiser l'aménagement et l'entretien des massifs forestiers. L'aménagement de la forêt consiste, entre autres, en la création de coupures de combustible, qui permettent de cloisonner les massifs et de réduire le risque de propagation du feu. La réduction de la biomasse combustible par le pastoralisme ou l'agriculture constitue également une mesure de prévention du risque de propagation du feu.
La prise en compte du risque dans l'aménagement
Le Code forestier ou les PIDAF ne permettant pas de réglementer l'usage du sol, d'autres outils ont été créés dans ce but. Les efforts de la politique de prévention de l'État se portent prioritairement sur les interfaces habitat-forêt. Ces zones sont en effet les plus propices aux départs de feu, mais également les plus " à risque ", en raison de la présence d'enjeux, personnes et biens susceptibles d'être endommagés.
Afin de diminuer l'aléa (nombre d'éclosion), tout en réduisant la vulnérabilité (zones exposées), il est nécessaire d'y maîtriser l'urbanisation, c'est à dire d'éviter toute nouvelle construction, tout en protégeant l'existant. Les PPR sont les outils privilégiés de la prévention. Les territoires les plus sensibles aux incendies de forêt, qu'il s'agisse de communes ou de massifs, peuvent bénéficier d'un PPR spécifique.
Enfin la sensibilisation de la population est essentielle : qu'il s'agisse des résidents, des promeneurs, des campeurs (feux de camps, barbecue, mégots, détritus...) il est essentiel de les informer pour éviter de voir se multiplier des comportements à risques et pour qu'ils respectent leurs obligations réglementaires (débroussaillage...). | | | | |