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Le risque nucléaire

 
Définition

Les produits nucléaires sont des substances naturelles ou artificielles émettant, par suite de désintégration des noyaux de leurs atomes, des rayonnements sous forme de particules ou de rayonnements électromagnétiques (identiques aux rayons lumineux, radio ou aux rayons X) appelés rayonnements ionisants.

En cas d'accident majeur, le risque pour l'individu d'être atteint par ces rayonnements est dû :

• soit à une irradiation à proximité de la source de rayonnement : ce risque concerne surtout le personnel des installations nucléaires. Elle peut être globale (tout le corps) ou partielle. On parle d'une irradiation externe.

• soit à une contamination par des poussières ou des gaz radioactifs :
- La contamination est interne lorsque ces éléments radioactifs pénètrent dans le corps humain par la respiration, par l'absorption d'aliments ou d'eau contaminés, ou par une plaie. Ceux-ci se fixent sur certains organes particuliers et provoquent alors une irradiation interne (c'est le cas de l'iode radioactif qui se fixe sur la thyroïde).
- La contamination est externe lorsque des poussières sont déposées sur la peau.

Les conséquences pour la santé de l'individu dépendent de la dose absorbée qui est fonction de l'intensité de la source de rayonnement, la nature des rayonnements émis, la proximité et le temps d'exposition.
 
Echelle de risques

Pour permettre de se rendre compte de la gravité d'un accident nucléaire, l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) a mis en vigueur une échelle de gravité (dans le même esprit que l'échelle d'intensité des séismes) graduée de 1 à 7 (7 étant le plus haut degré de gravité).

Niveau 1
Simple anomalie de fonctionnement sur une installation nucléaire, sans conséquence radioactive.

Niveau 2
Incidents techniques affectant de façon importante les dispositions de sûreté ou entraînant un dépassement des normes d'irradiation annuelles pour un travailleur.
Exemple : incident de barillet de Superphénix

Niveau 3
Incidents graves affectant la sûreté de l'installation et/ou conduisant à des rejets radioactifs dans l'environnement supérieurs aux limites autorisées et/ou à des irradiations graves pour un ou des travailleurs.

Niveau 4
Accident répondant à l'un ou plusieurs des critères suivants : rejets ne comportant pas de risques importants hors du site, détérioration du cœur nucléaire, irradiation ou contamination d'un ou plusieurs travailleurs pouvant conduire à un décès.

Niveau 5
Accident présentant des risques pour l'environnement conduisant au déclenchement du Plan Particulier d'Intervention (PPI) et des dispositions de protection de l'extérieur du site en raison de risques de rejets radioactifs importants. Endommagement grave de l'installation nucléaire entraînant le relâchement de grandes quantités de radioéléments dans l'installation. Exemple : accidents survenus à la centrale américaine de Three Mile Island en 1979 et à la centrale britannique de Windscale en 1957.

Niveau 6
Accident grave entraînant de très importants rejets radioactifs à l'extérieur (une part significative de la radioactivité contenue dans un cœur de réacteur). Exemple : installations de recueil d'effluents liquides de forte radioactivité de Kysthym en Russie (accident en 1957).

Niveau 7
Accident majeur conduisant au rejet dans l'environnement d'une part importante des éléments radioactifs contenus dans le cœur d'un réacteur. Rejets conduisant à des effets graves pour l'environnement et la santé des populations dans un rayon vaste de l'installation. Exemple : accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl le 26 avril 1986.
 
Disposition particulière au risque nucléaire : le comprimé d'iode

En cas d'accident très grave à l'intérieur du réacteur de la centrale, il pourrait se produire une émission d'éléments radioactifs dans l'environnement.
L'un des plus important de ceux-ci serait de l'iode radioactif émis sous forme gazeuse. L'iode inhalé a la propriété de se fixer sur la thyroïde et provoque une irradiation de celle-ci. Pour éviter ou limiter la fixation de cet iode radioactif, il suffit de faire absorber, préventivement ou dans l'heure qui suit le rejet accidentel, de l'iode non radioactif (ou iode stable) sous forme de comprimé. Ainsi, l'iode stable se fixera sur la thyroïde et la saturera, évitant de ce fait une fixation ultérieure de l'élément radioactif.

En 1996, le Secrétaire d'Etat à la Santé a annoncé que des comprimés d'iode stable seraient distribués préventivement à la population située à proximité d'une centrale électronucléaire.

En 1997 une circulaire interministérielle indiquait les modalités de distribution et de mise à disposition d'iode stable aux habitants voisins des installations nucléaires. Une campagne de distribution a eu lieu en 1997, puis en 2000 et complétée en 2002. Compte tenu de la durée de péremption de ces comprimés (5 ans) une nouvelle campagne a été lancée en 2005. Ces distributions concernent les personnes habitants dans un rayon de 10 km autour d'une centrale électronucléaire. Elle se fait par le biais des pharmaciens du secteur, les habitants recevant des bons leur permettant de retirer ces comprimés dans les pharmacies.

Dans le cadre du Plan Particulier d'Intervention de la centrale, c'est sur ordre du préfet que la population pourra être amenée à prendre un comprimé d'iode. Ces instructions seront notamment données à la population par la radio (France Inter).
 
La prévention

La possibilité d'un accident majeur a été envisagée et le réacteur est conçu pour éviter toute dispersion importante et non contrôlée de produits radioactifs à l'extérieur de l'installation.

La sûreté en ce domaine repose sur le principe de la défense en profondeur qui se traduit en particulier par une succession de plusieurs barrières s'opposant à la sortie du cœur de produits radioactifs.

En cours d'exploitation tous les phénomènes physiques de l'installation sont en permanence mesurés, surveillés et analysés. Tout événement anormal déclenche automatiquement des systèmes de mise en sécurité de l'installation qui sont doublés voire triplés (principe de redondance).

Les facteurs humains sont pris en compte par le soin tout particulier apporté à la formation et à l'entraînement du personnel à réagir en cas de crise.

La législation prévoit en outre, une limitation de l'urbanisation autour des sites nucléaires ainsi que des moyens d'alerte et d'information des citoyens sur les risques auxquels ils sont exposés (sirènes, plaquettes d'information, affiches, ..).

Comme pour les installations industrielles classées SEVESO, la réglementation impose à l'exploitant de prévoir une organisation interne dans son établissement qu'il mettrait en place en cas d'accident pour en limiter les conséquences, et ramener son installation à un état sûr. Cette organisation fait l'objet d'un Plan d'Urgence Interne (PUI).

A partir de l'étude de danger et du PUI, le préfet établit, pour le cas où surviendrait un accident débordant les limites du site de l'installation, un Plan Particulier d'Intervention (PPI) prévoyant l'organisation des secours qu'il mettrait en place pour assurer la protection de la population et de l'environnement.

L'information des populations
L'information de la population sur les risques encourus et sur les consignes de sécurité à appliquer en cas d'accident fait partie de la politique de prévention :
- comme pour les installations industrielles classées Seveso "seuil haut", les exploitants d'installations nucléaires de base, dont bien évidemment font partie les centrales électronucléaires, doivent effectuer tous les cinq ans, sous contrôle du Préfet, une information des populations habitants à l'intérieur du cercle PPI. Cette information doit porter sur la nature du risque et les consignes à appliquer en cas d'accident.
- Les maires des communes concernées, dont une partie ou la totalité de leur territoire se trouve à l'intérieur de ces cercles P.P.I., doivent réaliser leur Dossier d'Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM).
- A l'échelon national, la DGSNR est chargée de contribuer à l'information du public sur les problèmes se rapportant à la sûreté nucléaire et à la radioprotection. Un certain nombre de supports consultables par ceux qui le désirent permettent d'avoir une information sur la radioactivité de l'environnement, les rejets effectués par les I.N.B., les incidents survenus, etc. :
Serveur Minitel 3614 code MAGNUC
Serveur Minitel 3614 code TELERAY
Revue " Contrôle " (revue périodique de la DGSNR).
- Il existe également des commissions d'information (CLI), créées à l'initiative conjointe des conseils généraux et du préfet autour de chaque centrale électronucléaire et éventuellement de toute installation nucléaire de base importante (centre de recherche ou installations de stockage de déchets par exemple). Ces commissions ont pour rôle de recueillir et de diffuser auprès de la population toutes les informations concernant le fonctionnement, les incidents, l'impact sur l'environnement des rejets de l'installation ainsi que toutes autres informations contribuant à assurer vis à vis du public, la transparence de la vie de l'installation. Instaurées par une circulaire du Premier ministre du 15 décembre 1981, elles sont composées des élus du secteur concerné (maires, conseillers généraux, parlementaires), de représentants des organisations syndicales et agricoles, de représentants des associations, de représentants des médias et de personnalités qualifiées.
 
L'organisation des secours

Si un accident nucléaire nécessitait le déclenchement du PPI, une organisation de crise spécifique, destinée à apporter son concours au préfet, se mettrait alors en place au niveau national. Elle serait également chargée de traiter les problèmes pouvant se poser au niveau national, compte tenu du fait qu'un accident nucléaire peut toucher des territoires étendus et rencontre toujours auprès de la population une résonance nationale voire internationale.

Au niveau des communes situées à l'intérieur du cercle de danger défini par le PPI, celles-ci au terme de la loi du 13 août 2004 relative à la modernisation de la sécurité civile, ont l'obligation de mettre sur pied un Plan Communal de Sauvegarde (PCS) organisant la contribution de sa commune à la protection de la population dans le cadre du PPI.

Le schéma simplifié de cette organisation est donné ci-dessous :

SGCISN : Secrétariat général du comité interministériel de la sécurité nucléaire
IRSN : Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
DGSNR : Direction générale de la sécurité nucléaire et de la radioprotection
DSC : Direction de la sécurité civile
 
 
LIENS WEB :

- Dossier d'information sur Prim.net
- Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
- Site de l'Autorité de sûreté nucléaire
- Site EDF infos nucléaire
- Site de l'association "sortir du nucléaire"

 
RESSOURCES :

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