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Commune de Pellafol
Sentier de découverte RTM des "ruines géologiques" du vieux Pellafol
>> Les phénomènes naturels et les travaux de protection

La correction torrentielle qui a été réalisée dans toute la ravine qui entaille la ruine des Chanaux (barrages construits en matériaux divers selon les époques) n'est pas abordée ici car les objectifs de cette correction et les techniques utilisées ont été largement décrites pour le torrent de l'Ebron sur le sentier RTM de Tréminis. Nous vous invitons donc, si ce sujet vous intéresse, à vous reporter aux pages qui concernent ce sentier.


A l'échelle des temps géologiques

La basse vallée de la Souloise a été creusée dans les terrains jurassiques à la fin du tertiaire, remblayée ensuite au cours des glaciations puis ultérieurement recreusée à nouveau et parfois surcreusée jusqu'aux couches secondaires. Le lit de la rivière se trouve sur la partie droite de la vallée dont la "terrasse" de PELLAFOL occupe la gauche.

La terrasse de Pellafol est constituée de limons lacustres et de cailloutis fluviatiles. Elle s'est formée grâce aux matériaux apportés par les torrents et notamment par la Souloise.

Pour en savoir plus sur la géologie de la vallée de la Souloise et de la terrasse de Pellafol nous vous recommandons de consulter le site "Géol-Alp" : http://www.geol-alpes.com/


Les ruines géologiques du Vieux Pellafol

1. Présentation :

Les Ruines de PELLAFOL constituent la 4ème Division de la série de Restauration de PELLAFOL devenue forêt domaniale de PELLAFOL d'une surface totale de 542 hectares qui est en grande partie reboisée et aménagée.

Elle appartient au bassin de la Souloise, affluent du Drac. La Souloise draine le vaste bassin pastoral très dénudé du Dévoluy que SURELL a pris comme exemple-type de montagne dégradée dans son ouvrage classique sur les torrents des Hautes Alpes.

La basse vallée de la Souloise a été creusée dans les terrains jurassiques à la fin du tertiaire, remblayée ensuite au cours des glaciations puis ultérieurement recreusée à nouveau et parfois surcreusée jusqu'aux couches secondaires. Le lit de la rivière se trouve aujourd'hui sur la partie droite de la vallée dont la "terrasse" de PELLAFOL occupe la gauche.

Les Ruines de PELLAFOL creusées dans cette terrasse fluvioglaciaire en occupent 37 ha 71 a. Suivant une coupe verticale on trouve :
- au bas 40 m d'alluvions anciennes généralement agglomérées en poudingues, surmontées par une couche de 25 m en moyenne d'argile et de boues glaciaires recouvertes elles-mêmes de 35 m d'alternances de sables à gros grains, de graviers et de boues d'argile. La couche supérieure est en général formée de graviers très filtrants.

On rencontre à la fois des érosions anciennes qui ont pris leur équilibre définitif et sont complètement garnies de végétation et deux érosions récentes (Ruines des Payas et Ruines des Chanaux) situées au droit des hameaux du même nom.

La dégradation de ces formations plus ou moins résistantes peut se faire sous l'action des seuls agents atmosphériques. Elle est alors très lente, parfois même l'agrégat est suffisamment solide pour résister à l'érosion. Les résidus se présentent alors tantôt sous forme de pyramides coiffées : les "demoiselles", aux fines silhouettes tantôt sous des formes plus compactes et plus volumineuses.

Mais, assez souvent, lorsque les eaux cheminent en profondeur, on se trouve en présence d'une désagrégation accélérée. Ces eaux proviennent ordinairement des massifs montagneux voisins, elles s'infiltrent dans les éboulis de piedmont et circulent dans les dépôts au contact d'une couche imperméable. Elles réapparaîtront lorsque ce niveau imperméable coupera le versant.

Si leur débit est suffisant, elles sapent le terrain qui s'éboule en masse par tranches verticales. Les matériaux qui en proviennent sont entraînés par le courant et le cours d'eau formé par la réunion de toutes les résurgences se comporte à la manière d'un torrent à clappes, auquel on peut l'assimiler.

Ainsi prennent naissance les "Ruines" : le front d'attaque de l'érosion est une falaise verticale de plusieurs dizaines de mètres de hauteur qui s'arrête au niveau de la couche imperméable. En aval de celle-ci le "torrent" creuse son lit dans ces mêmes terrains jusqu'à ce qu'il ait atteint son niveau de base constitué par la roche dure sur laquelle reposent ces dépôts.

Lorsque ce processus de désagrégation galopante est amorcé, il s'entretient de lui-même. Il est souvent aggravé par des phénomènes d'érosion secondaire ; au moment des orages, l'entonnoir de "la ruine" fonctionne en effet comme un petit bassin de réception torrentiel.

2. Historique de la progression des ruines (effondrement) :

Ces dépôts fluvio-glaciaires d'une horizontabilité absolue, formant ainsi une assez vaste plaine en bordure de laquelle, et contre les pentes de l'Obiou, sont bâtis les hameaux des Payas et des Chanaux. Vers la Souloise se trouvait l'agglomération de PELLAFOL-le-VIEUX. Cette plaine fut cultivée de longue date. Pour produire des récoltes sous un climat déjà sec, elle réclamait des irrigations abondantes. Un canal avait été construit naguère qui prenait l'eau de la Souloise à 8 kilomètres environ en amont (au pied de ST. DISDIER-en-DEVOLUY) et l'amenait à travers falaises et éboulis jusqu'aux Chanaux et aux Payas.

Les irrigations généreuses et sans doute les fuites du canal détrempaient les dépôts fluvio-glaciaires formés de lits alternatifs de sables, d'argiles et de graviers et provoquaient la formation de niveaux de sources à 8 ou 10 mètres au-dessous du niveau de la plaine. Le terrain sapé en bas par la Souloise et travaillé par les infiltrations qui délayaient certaines couches de matériaux meubles, se découpait en tranches verticales qui s'éboulaient de temps en temps.

Pour la Ruine des Payas, la progression totale avait été de 274 mètres de 1836 à 1888 ; elle allait s'accélérant de 1884 à 1888, la déchirure avait avancé de 74 mètres.

Plus de la moitié de la largeur de la plaine avait disparu à hauteur du hameau des Payas. De plus, vers le Sud, l'église et le cimetière entamés avaient dû être abandonnés (il n'en reste plus trace aujourd'hui ; le dernier pan de mur de l'église de PELLAFOL-le-VIEUX est tombé dans le gouffre pendant la guerre 1914-18). Le chemin allant au Dévoluy était menacé ainsi que le hameau des Payas.

En 1889, un formidable effondrement précipita dans le ravin plusieurs hectares de cultures ; l'opinion s'émut et on entama la correction des ruines de PELLAFOL.


4. Les travaux de correction

La technique classique fut appliquée :
- assainissement par drains ;
- barrages pour fixer le profil en long et soutenir les berges ;
- embrouissaillement et plantations qui ont permis de stabiliser les sols et les berges des ravins, de réduire la pente du versant ainsi que le transport des matériaux.

Les barrages classiques en maçonnerie de pierre, relativement hauts et lourds ont été vite abandonnés pour diverses raisons :
- les terrains fluvio-glaciaires ne permettent généralement pas un ancrage satisfaisant des ouvrages massifs et n'assurent pas toutes les conditions de stabilité requises ;
- la faible dimension des matériaux charriés détermine une faible pente de compensation et par conséquent un nombre très élevé d'ouvrages pour éviter l'affouillement à leur aval immédiat ;
- l'absence de matériaux de construction (pierres) dans les zones à restaurer.

Ces vieux ouvrages ont actuellement presque complètement disparu. Pendant de nombreuses années, on s'est contenté d'embrouissailler les pentes voisines de leur équilibre.

A partir de 1952, on a construit des ouvrages filtrants avec large semelle arrière (barrages "autostables"), plus légers et plus nombreux. Ceux-ci permettent dans une certaine mesure le triage des matériaux. On observe en effet, une accumulation des éléments les plus gros et un entraînement des matériaux fins par les ouvertures pratiquées dans le corps de l'ouvrage. Ce triage a pour effet direct d'augmenter la pente de compensation. D'autre part, la large semelle arrière assure la stabilité de l'ouvrage dans la mesure où il ne se trouve pas affouillé par l'aval... Le but de ces ouvrages est donc d'exhausser le profil en long de manière à stabiliser la base des falaises.


On a dû compléter les procédés classiques en s'efforçant de tarir les arrivées d'eau :

On commença par les eaux du canal d'irrigation. De laborieuses négociations s'engagèrent dès 1890 avec le syndicat du canal qui prit le 10 avril 1900 l'héroïque décision de supprimer l'arrosage dans la plaine. Des subventions lui furent accordées pour permettre de régler les annuités des dépenses non amorties. L'agriculture locale souffrit sans doute de cette mesure radicale, mais l'érosion en fut considérablement ralentie.
En 1963, le service mit à profit, en accord avec le service du Génie Rural, les opérations de remembrement qui s'effectuaient dans cette commune pour capter au pied de la montagne les eaux du torrent des Chanaux et les conduire par des canalisations jusqu'au pied des Ruines. L'effet escompté était double. D'une part agrandir la surface agricole de la commune en livrant à la culture des terres récupérées sur le lit moyen du torrent ; d'autre part, éviter l'infiltration des eaux venues de la montagne. En fait, si le premier but a été atteint, le deuxième ne l'a pas été complètement.

En 1969, on s'est efforcé de connaître le cheminement souterrain des eaux en les colorant à la fluorescine. Ces essais entrepris n'ont pas été très probants. Une étude géologique faite par l'Institut DOLOMIEU n'a pas permis de préciser quel était le parcours souterrain des eaux.
On peut sans doute améliorer le système, mais il serait illusoire d'envisager un tarissement intégral des eaux à cause de leur infiltration diffuse en montagne.

Les "ruines de Pellafol" nécessiteront toujours l'exécution de travaux divers de correction et de travaux biologiques pour limiter la marche de l'érosion dans une zone vitale pour l'économie de la commune de Pellafol (terrains de culture, voies de communication et mêmes habitations).
 


















 

 


 

 

 


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