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| le 16-07-2007 | par François Giannoccaro - Directeur de l'IRMa | 2390 vues | Recommander cet article |

Sans commune mesure avec les deux tremblements de terre (magnitudes 8 et 7 sur l'échelle de Richter), qui ont secoué le nord du Japon vendredi 13 juillet 2007, ces événements sont l’occasion de rappeler que Rhône-Alpes est l’une des régions les plus sismiques (risques moyens et modérés) de France métropolitaine selon la carte des aléas sismiques révisée en 2005 par le Ministère en charge de l’environnement. Le dernier séisme significatif enregistré dans les Alpes, d'une magnitude de 2.4, date du 10 juillet dernier.

La sismicité dans le sud-est de la France : Rhône-Alpes est l’une des régions les plus sismiques de France métropolitaine

Au cours des douze dernières années, 8 000 séismes ont pu être localisés par le réseau Sismalp dans le Sud-Est de la France. La vingtaine de séismes ressentis par la population chaque année dans cette région ne représente donc qu’une faible proportion de l’activité sismique totale. En contrepartie, la sismicité reste modérée : il n’y a en moyenne qu’un séisme de magnitude supérieure à 3,5 par an et qu’un séisme de magnitude supérieure à 4,5 tous les dix ans. C’est presque négligeable lorsqu’on considère l’activité sismique du globe tout entier, où, chaque jour, se produisent une vingtaine de séismes de magnitude supérieure à 4 !

La zone la plus active se situe de part et d’autre de la frontière franco-italienne, le long de deux « arcs » : l’arc sismique piémontais, situé en Italie en bordure de la plaine du Pô, et l’arc briançonnais qui traverse l’Ubaye, le Queyras, la région de Briançon et la Vanoise avant de rejoindre le Val d’Aoste. Le long de ces deux arcs, dont on avait pressenti l’existence depuis le milieu du siècle dernier sur la base de la sismicité historique, l’activité sismique est très continue, presque quotidienne. Un troisième arc se dessine plus à l’est, sous la plaine du Pô, au sud de Turin. L’une des plus importantes découvertes de ces dernières années est l’existence d’un quatrième arc, situé beaucoup plus à l’ouest, que l’on peut suivre depuis la vallée du Drac, au sud de Grenoble, jusqu’à Sixt (Haute-Savoie), en passant par Uriage et Allevard (Isère), Saint-Pierre-d’Albigny (Savoie), Faverges, le Grand-Bornand et Samoëns (Haute-Savoie).

Entre Monestier-de-Clermont et Allevard (Isère), cet arc subalpin a une partie sud très rectiligne et assez active qui a été baptisée « Faille bordière de Belledonne » parce qu’elle s’appuie sur le flanc ouest du massif du même nom. Les séismes qui s’y produisent ont des magnitudes qui restent modérées (inférieures à 3,5). La majorité d’entre eux étant située vers 5 km de profondeur, la faille n’est pas décelable en surface. On a pu mettre en évidence qu’il s’agissait d’une faille de coulissage horizontal permettant au massif de Belledonne de se déplacer très lentement vers le sud-ouest (probablement guère plus d’un millimètre par an) par rapport au Grésivaudan et au massif de la Chartreuse. Le plus gros séisme qui se soit produit récemment sur la faille bordière de Belledonne est celui de Laffrey, en 1999 (magnitude 3,5), qui a généré de très nombreuses répliques dans les mois qui ont suivi.

Une autre faille s’est aussi manifestée de façon spectaculaire en juillet 1996 lors du séisme d’Épagny (Annecy – voir photo ci-contre d’un bâtiment endommagé sur cette commune) qui a atteint la magnitude de 4,9. C’est la faille du Vuache, du nom du chaînon qui, au nord-ouest d’Annecy, relie le Jura au massif des Bornes. L’étude des répliques a permis d’établir que, là aussi, il s’agissait d’une faille de coulissage horizontal située à très faible profondeur (entre 1 et 3 km). Le séisme d’Épagny est le plus important séisme qui se soit produit dans les Alpes françaises depuis le séisme de Corrençon (Isère), en 1962. Il a provoqué 400 millions de francs de dégâts, principalement en raison de la faible profondeur du foyer, de sa survenance dans une zone habitée, et surtout d’effets de site (entrée en résonance des couches alluvionnaires peu consolidées de la Plaine d’Épagny).

Le site web du réseau Sismalp (voir lien ci-dessous) dispose d’une page dynamique mise à jour en temps réel. On peut y visualiser les derniers séismes que vient de détecter le réseau d’alerte, la liste des dernières localisations, l’« avis de localisation » correspondant au dernier séisme ressenti dans le Sud-Est, et les communiqués de presse diffusés ces dix dernières années en cas de séisme jugé suffisamment important (magnitude supérieure à 2,5 environ)

 

A tire d’exemple, le dernier séisme enregistré par le réseau Sismalp dans les Alpes date du 10 juillet dernier selon un communiqué de l'Observatoire de Grenoble

« Le réseau de détection sismique de l'Observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré le mardi 10 juillet 2007 à 00 h 24 (heure locale) un séisme de magnitude 2,4 dont l'épicentre était situé à 4 km à l'ouest-nord-ouest du Pont-de-Beauvoisin (nord du département de l'Isère).

Malgré sa magnitude relativement faible (chaque année, on dénombre dans le Sud-Est de la France une quinzaine de séismes dont la magnitude atteint ou dépasse 2,4), ce séisme a été faiblement ressenti en quelques localités du nord du département de l'Isère, plus particulièrement à Chimilin, au nord-ouest du Pont-de-Beauvoisin (bruit d'explosion suivi de vibrations).

La zone épicentrale est inhabituelle. C'est en effet la première fois qu'un séisme est localisé dans ce secteur du Nord-Isère (aucun séisme connu dans un rayon d'une dizaine de kilomètres autour de l'épicentre). L'un des plus proches séismes connus (magnitude 2,8) s'est produit en 1994 en Savoie entre Saint-Genix-sur-Guiers et Yenne, à une quinzaine de kilomètres au nord-est de l'épicentre du séisme de la nuit dernière ».


Le programme national de prévention du risque sismique dit « Plan Séisme » lancé par le Gouvernement en 2006 sur 6 ans se met en œuvre en Rhône-Alpes

Ayant pour objectif de réduire la vulnérabilité vis-à-vis des séismes, en fédérant les compétences, les savoirs et les actions pour plus d’efficacité, les actions des pouvoirs publics se mettent en place petit à petit en Rhône-Alpes.

Le plan d'action de la DIREN Rhône-Alpes prévoit pour 2007 :

- la production et diffusion de plaquettes d'information à l'attention du grand public et des collectivités;
- l’organisation de séminaires d'information auprès des professionnels du bâtiments;
- la production et diffusion de fiches pédagogiques d'aide à l'enseignement pratique du risque sismique;
- le développement de l'outil SISMO-DT.

Les orientations pour 2008-2010 :

- poursuite de la campagne de sensibilisation et de formation;
- amélioration de la connaissance scientifique du risque;
- mise en œuvre d'une campagne de contrôle des règles parasismiques.

 

En savoir plus :

> Sur le risque sismique dans la Région Rhône-Alpes
http://www.irma-grenoble.com/05documentation/01publications_risquesinfos_sommaire.php?id_risquesinfos=13

> Sur le programme national de prévention du risque sismique dit « Plan Séisme » lancé en 2006 sur 6 ans
http://www.irma-grenoble.com/05documentation/07mallettes_plan-seismes.php

> Sur les derniers séismes répertoriés par le réseau Sismalp basé à Grenoble
http://sismalp.obs.ujf-grenoble.fr/

> Sur le Plan Séisme en Rhône-Alpes
http://www.planseisme.fr/regions/rhone-alpes/Pages/Accueil.aspx



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