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Explosion d'une conduite de gaz à Bondy (Seine Saint-Denis)

| le 31-10-2007 | par Céline Brun-Picard - Documentaliste, IRMa | 4842 vues | Recommander cet article | Ajouter aux favoris |
Explosion d'une conduite de gaz à Bondy (Seine Saint-Denis)

Hier, l'explosion d'une conduite de gaz à Bondy (Seine Saint-Denis) a causé un mort et plus de quarante blessés. Elle aurait été provoquée par la perforation accidentelle de la canalisation par des engins lors de travaux de voirie. Malheureusement, ce type d'accident n'est pas rare, et souvent causé par une mauvaise connaissance du risque.

 

Est-ce vraiment un simple hasard de l'actualité ?

Hier après-midi, alors qu'on apprenait qu'une explosion venait d'avoir lieu à Bondy, on découvrait également dans le Dauphiné Libéré du jour, que deux accidents similaires (mais heureusement d'une gravité bien moindre) s'étaient produits la veille dans la seule région grenobloise.

  • Le 29 octobre à Vif, le conducteur d'une pelleteuse travaillant sur un chantier, a accidentellement sectionné une canalisation d'alimentation en gaz. Un quartier de la ville a été évacué par les pompiers, le temps pour les agents EDF de couper l'alimentation en gaz du réseau et de colmater la brèche.
  • Le même jour à Charvieu-Chavagneux, une cinquantaine de personnes ont été évacuées : lors de travaux pour le branchement des eaux pluviales, une pelleteuse a accroché une canalisation de distribution de gaz, entraînant une importante fuite de gaz.

 

Cette conjonction d'annonces médiatiques, sur un même type d'accident, à un moment t, et surtout, la gravité des dommages causés par la fuite de gaz à Bondy, participeront, nous l'espérons, à une meilleure prise de conscience de la nécessité de bien prévenir les accidents lors de travaux à proximité de canalisation de distribution de gaz, autant qu'à proximité des canalisations de transport de marchandises dangereuses.

L'occasion de rappeler, encore une fois, que la connaissance et la conscience du risque par tous, sont des données indispensables à la bonne marche des actions de prévention. Les protections, les équipements techniques de sécurité, ne peuvent suffire à conduire une politique efficace de prévention des risques.

 


L'agression extérieure représenterait la moitié des accidents liés aux TMD par canalisations.

Même si les canalisations enterrées sont probablement parmi les modes de transport les plus sûres pour les matières dangereuses dans les agglomérations (cf. les statistiques du BARPI, relayées dans notre Risques Infos n°17), les risques existent, et force est de constater que des accidents se produisent.

Parmi les accidents à imputer aux TMD par canalisations, environ la moitié pourraient être causés par des travaux totalement indépendants de la canalisation, qui endommagent ou perforent la canalisation. Il s'agit alors de travaux de terrassement, de travaux agricoles, etc.
D'après les conclusions d'un rapport de l'INERIS :

"De manière générale, les travaux de tiers ou les agressions externes représentent la majorité des accidents (30 à 70 % suivant les sources) conduisant à une fuite sur une canalisation et ce quel que soit le produit transporté. Les principales conclusions, sur la typologie des accidents causés par l’agression de tiers sont les suivantes :

  • Les dommages occasionnés par l’agression de tiers sont pour une grande partie réduits à une fuite de faible ou de moyenne ampleur. Pour les hydrocarbures et les produits chimiques liquides, la rupture totale de la canalisation est peu souvent atteinte. Alors que pour les gaz, les données de l’EGIG montre que dans 15 à 50 % des cas, en fonction du diamètre, l’agression par des tiers conduit à une rupture de la canalisation.
  • Quel que soit le produit transporté, la vulnérabilité d’une canalisation décroît avec son diamètre. Plus le diamètre de la canalisation est petit, plus le nombre de fuite ou de rupture par kilomètre est élevé.
  • Les engins qui occasionnent le plus de dégâts aux canalisations sont les pelleteuses et les excavateurs. Les travaux de drainage sont les travaux qui ont conduit au plus grand nombre de dommage à des canalisations.
  • Les données de la CONCAWE montre que l’accident fait plus souvent suite à l’ignorance de la présence d’une canalisation par les tiers qu’au manque d’attention lors de travaux."

 

 

La connaissance des risques par les riverains : "une fonction de sécurité"

Depuis plusieurs années, l'Etat a entrepris de renforcer la réglementation relative aux TMD par canalisations. Plusieurs études ont été commandées à l'INERIS sur les différents moyens de réduire le risque issu de travaux dans le voisinage de canalisations enterrées.

Un des objectifs du projet était d’apporter au MinEFI des éléments techniques permettant d’évaluer le niveau de risque d’une canalisation de transport, en tenant compte des mesures compensatoires mises en œuvre par l’exploitant.

Il ressort également de ces études "l’importance des mesures de nature organisationnelle visant à assurer, pour les canalisations existantes, les deux fonctions de sécurité suivantes :

  • D’une part, surveiller les canalisations de transport ;
    La surveillance vise à détecter préventivement tout risque d’agression due à l’environnement humain ou naturel (on ne traitera pas ici de la surveillance qui vise à contrôler l’état de la canalisation).
  • D’autre part, sensibiliser les riverains à proximité de la canalisation ; Cette sensibilisation vise à faire en sorte que les riverains aient connaissance de la présence de la canalisation et connaissent la conduite à tenir en cas d’incident ou d’accident."

 

 

 

En savoir plus :

> Risques Infos n°17 (juin 2006) : Le transport de matières dangereuses en Rhône-Alpes
http://www.irma-grenoble.com/05documentation/01publications_risquesinfos_sommaire.php?id_risquesinfos=17

> Opération B : Mesures compensatoires pour contrôler les accidents dus aux agressions par travaux de tiers (2005) / INERIS
http://www.irma-grenoble.com/05documentation/02bibliotheque_resultat_fiche.php?id01=523



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