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Lorsque la météo menace en période estivale...

| le 28-07-2009 | par François Giannoccaro - Directeur de l'IRMa | 2329 vues | Recommander cet article |
Lorsque la météo menace en période estivale...

Lorsque la météo menace en période estivale, il importe d'ouvrir l'œil. Tout n'est certes pas prévisible mais la surveillance et l'anticipation sont les meilleurs moyens de répondre à un événement pluviométrique intense. Comme chaque année à cette période, notre Institut adresse son message de vigilance aux rhônalpins, notamment aux responsables et décideurs locaux, concernant les risques localisés de crues torrentielles, en particulier sur les secteurs avec du relief.

Il y a un an

 

Au cours de l'été 2008, dans les départements de l’Isère, de la Savoie, de la Haute-savoie ou encore dans la Drôme ou l'Ardèche et plus généralement de façon localisée sur certains massifs de la région Rhône-Alpes, certains ont encore le souvenir des orages violents qui avaient provoqué, pour les plus importants en juin et début septembre, des inondations, des crues/laves torrentielles ou encore des phénomènes de ruissellement urbain. Les eaux dévalaient dans les centres des villages où les débits étaient concentrés par les aménagements.

 

Fort heureusement, il n'y avait pas eu de victime, malgré de nombreux dégâts matériels. Beaucoup d’habitants sinistrés avaient relaté la même chose dans la presse : « Alors qu’ils se trouvaient chez eux dans la soirée, ils ont entendu des bruits. Ils ont d’abord vu de l’eau pénétrer dans leur sous sol, constatant ensuite une pression de l’eau sur les murs extérieurs de leur maison avant que celle-ci ne pénètre en quantité dans leur habitation ». Jusqu’à plus d’un mètre d’eau dans certaines maisons. Les réflexes de survie constatés par les services de secours sur les secteurs dévastés restaient identiques : « Les gens montaient sur les hauteurs de leur habitation quand c’était possible ». Le secteur économique avait également été mis à mal. Par exemple en Ardèche, le fabricant de camping-car "Trigano" avait dû mettre environ 650 salariés en chomage technique sur plusieurs jours.

 

Pour notre Institut, la vigilance doit être de mise tout au long de l’été

 

La vigilance doit être de mise partout en Rhône-Alpes pour tout l’été en particulier sur les reliefs, notamment dans les communes où sont implantés des campings aux abords de cours d’eau qui peuvent paraître paisibles de prime abord. L’expérience nous montre que les phénomènes peuvent être très localisés. Il est d’ailleurs aujourd’hui techniquement impossible de prévoir, tout particulièrement en montagne, à quelques kilomètres près où tombera l’eau, et de savoir quelle hauteur d’eau va s’abattre en quelques dizaines de minutes.

Les habitants de Domène dans l’Isère et plus largement de la vallée du Grésivaudan, ont encore le souvenir des crues torrentielles du Doménon de la fin du mois d’août 2005 qui avaient occasionné de nombreux dégâts dans des secteurs urbanisés. Là encore, ces inondations avaient trouvé leur origine dans un phénomène météorologique sans précurseur, sans signes annonciateurs d’un événement d’ampleur. Il n’y avait pas eu de vigilance particulière préalablement signalée par Météo France.

 

Les phénomènes naturels en Rhône-Alpes liés aux événements climatiques

 

Les principaux phénomènes naturels auxquels la région Rhône-Alpes est confrontée pour leur importance sont liés à des événements climatiques comme ceux que ce territoire a vécu au cours de l'été 2008 : fortes pluviométries, épisodes orageux. Si le recul manque pour qualifier les conséquences sur les phénomènes naturels des changements climatiques annoncés d’ici à la fin du siècle, on peut en revanche constater l’évolution de certains facteurs aggravants, pour ce qui concerne les inondations. A événement climatique comparable, les caractéristiques d’une inondation seraient très différentes aujourd’hui de celles observées par le passé. Plusieurs facteurs ont en effet contribué à profondément modifier le régime d’écoulement des eaux de la plupart des cours d’eau existant en Rhône-Alpes avec comme conséquences des phénomènes certainement plus brutaux (en particulier dans les départements montagneux – risques de crues ou de rivières torrentielles et phénomènes de ruissellement urbain) : la diminution sensible des champs d’expansion des crues, les modifications des cours d’eau (recalibrage du lit mineur, extraction de matériaux, la vie du cours d’eau lui même…), l’évolution des pratiques agricoles, l’imperméabilisation des sols par extension des surfaces urbanisées, le sous dimensionnement des réseaux d'eau pluvial…

 

L’urbanisation, l’implantation d’activités humaines dans une zone exposée se traduisent par une vulnérabilité de plus en plus importante des territoires au regard des risques naturels. L’augmentation du niveau de vie, le développement des infrastructures et réseaux, et les progrès techniques ont parallèlement accru, dans des proportions notables, la valeur globale des biens et la fragilité des activités exposées. Mais c’est en particulier la vulnérabilité dans les zones inondables (ou aux abords !) qui accroît très fortement le niveau de risques, en particulier dans les zones urbaines traversées par des cours d’eau. Différents facteurs conduisent depuis plusieurs années à une fragilité urbaine toujours plus grande face aux risques naturels : la concentration de certains équipements, activités ou infrastructures, la dépendance envers les systèmes de communication et les réseaux interconnectés…

 

Le cas des communes rhônalpines sur les reliefs

 

Les événements climatiques qui pourraient se produire sur plusieurs départements de Rhône-Alpes doivent aussi nous rappeler que la nature topographique de bon nombre de secteurs dans notre région combinée aux petits cours d’eau qui les traversent sont susceptibles de générer des crues et laves torrentielles plus ou moins sérieuses sur les communes qui y sont implantées. Ces torrents Rhônalpins sont surtout redoutables par la rapidités de leurs crues, liée à la faible taille des bassins versants, associé à des pentes importantes qui assurent un écoulement rapide des eaux.

 

Là aussi, les risques ont augmenté par suite de la nature de l’aménagement de ces territoires et des enjeux économiques, environnementaux et principalement humains que l’on y trouve. Nombre de ces torrents et rivières torrentielles traversent des secteurs fortement urbanisés. Des phénomènes d’embâcles (obstructions dues à des débris et matériaux divers) et débâcles peuvent être constatés, notamment au niveau des ponts. Des phénomènes de ruissellement urbain peuvent également être constatés qui se manifestent lorsque le réseau d'évacuation pluvial est engorgé et que l'eau reflue dans les rues. Le courant emporte des véhicules et divers objets qui forment des embâcles dans les rues. Les points bas des communes sont submergés. L'eau boueuse envahit le rez-de-chaussée des bâtiments où elle provoque des dégâts et parfois des victimes.

 

Les reportages des médias montrent régulièrement des gens surpris par la soudaineté des événements dont ils ne soupçonnaient pas la possibilité dans leur quartier, en déplorant ne pas avoir été prévenus de l'imminence du danger.

 

On assiste ainsi, lors de violents orages, à des débordements avec des dépôts de matériaux et débris divers sur les voieries ou dans les propriétés riveraines. Les responsables des campings et les maires où sont implantés ces derniers doivent être particulièrement vigilants tout au long de l’été, même sans signes annonciateurs d’un événement d’ampleur par Météo France.

 

Ceci étant, sur beaucoup de ces communes, il conviendrait de renforcer par des ouvrages appropriés la protection des zones reconnues à risques pour les personnes et les biens. Il y aurait tout lieu aussi d’exiger une maîtrise dimensionnée des rejets d’eaux pluviales pour toute urbanisation nouvelle.

 

La prévision des crues torrentielles qui se manifestent dans ces petits bassins versant à réponse rapide, où les phénomènes peuvent être brutaux, est très liée à la possibilité de prévoir suffisamment longtemps à l’avance les précipitations intenses.

 

L'alerte ne peut être donnée que suite à l'observation locale des précipitations et de l'évolution des débits des cours d'eau. Il appartient donc le plus souvent à la commune de prévoir en cas de phénomène météorologique exceptionnel, une surveillance du ciel et du cours d'eau (solidarité amont-aval sur le bassin versant) et une alerte rapide des habitants concernés. Sur ce point, la mise en oeuvre du plan communal de sauvegarde, qui est l’outil opérationnel d’aide à la décision du Maire pour faire face à une situation de crise, peut permettre de réduire les conséquences de l’événement (enjeux humains).

 

Notre message de prévention aux Rhônalpins

 

Il est important que les populations qui vivent près des cours d’eau, en particulier sur les reliefs, aient conscience de la rapidité avec laquelle un mince cours d’eau peut se transformer en rivière ou torrent dangereux voire dévastateur. Il faut également avoir conscience que les phénomènes de ruissellement urbain peuvent occasionner des dommages là où on ne les attend pas à priori.

 

Météo France a élaboré depuis octobre 2001 un dispositif de vigilance pour informer les français et les pouvoirs publics en cas de phénomènes météorologiques dangereux. Ces informations sont disponibles sur le site internet de Météo France (voir lien ci-dessous). Il est important pour les particuliers d’en prendre connaissance, l’été, par exemple avant un départ pour une randonnée en montagne.

 

Il est aussi important de respecter les consignes individuelles de sécurité qui sont consultables sur le site internet de notre Institut (voir lien ci-dessous).

 

 

 

 

 


En savoir plus :

> Site internet de Météo France
http://www.meteofrance.com/FR/index.jsp

> Connaître les consignes individuelles de sécurité face aux inondations
http://www.irma-grenoble.com/03risques_majeurs/03consignes_index.php



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adhesion
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