Accueil >> Actualité >> Articles

55 communes iséroises ont participé à l’exercice Richter 38

| le 29-04-2011 | par Jeanne Boussageon - Chargée de projets, IRMa | 3256 vues | Recommander cet article | Ajouter aux favoris |
55 communes iséroises ont participé à l’exercice Richter 38

Séisme de magnitude 6, coupure des lignes téléphoniques et du réseau d’électricité, routes endommagées, bâtiments effondrés… Tel était le scénario de l’exercice Richter 38 organisé jeudi 14 avril 2011 par la préfecture et auquel ont participé 55 communes iséroises. Retour sur cette journée telle qu’elle a été vécue à Crolles, où la simulation a duré la journée entière.

Les premiers temps de l’événement, ou la montée en puissance du dispositif de crise

Jeudi 14 avril 2011, mairie de Crolles. Il est 8h30 quand la simulation commence, avec l’envoi par la préfecture d’un courrier électronique dévoilant le scénario de l’exercice : un séisme de magnitude 6 dont l’épicentre est basé sur la commune des Adrets s’est fait ressentir à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde.

Dans les minutes qui suivent, de nouvelles informations arrivent, précisant les premiers dégâts matériels : les réseaux téléphonique et électrique sont coupés, de nombreux bâtiments sont fissurés et des répliques sont à craindre.

Très rapidement, les élus et agents communaux de Crolles sont appelés et se regroupent en mairie : le Plan Communal de Sauvegarde est activé. Les premières réflexions sont lancées, notamment quant à la solidité des bâtiments publics (au premier rang desquels les écoles), aux systèmes de transmission et d’alimentation électrique autonomes et aux lieux d’accueil potentiels des sinistrés.

Etant donnée l’ampleur du sinistre, il est décidé d’une part de mobiliser la Réserve Communale de Sécurité Civile pour aider aux nombreuses missions qui vont devoir être entreprises et, d’autre part, d’informer la population sur la conduite à tenir.

A 9h, un message est envoyé au maire via le dispositif départemental d’alerte GALA, informant que le Centre Opérationnel Départemental, cellule de crise dirigée par le préfet de l’Isère et habituellement situé à Grenoble dans les locaux de la préfecture, est délocalisé à Voiron.

Peu de temps après, on apprend que la mairie de Crolles est fortement endommagée. En quelques minutes, la décision est prise de délocaliser le Poste de Commandement Communal au gymnase Guy Bolès, un des trois seuls bâtiments pouvant être raccordés au groupe électrogène dont dispose la commune. Les missions sont réparties entre les cellules :

  • la cellule Transmission / Communication se charge de rédiger les messages d’information de la population qui seront diffusés avec l’Ensemble Mobile d’Alerte (haut-parleur installé sur un véhicule de la police municipale), et le système d’appel en masse ;
  • la cellule Logistique est chargée de préparer l’accueil des sinistrés et le ravitaillement ;
  • la cellule Intervention / Evaluation doit faire un état des lieux des sans-abris, des blessés, de l’état des bâtiments, des moyens de liaison, des axes routiers impraticables, des salles communales utilisables… et réfléchir aux moyens de gérer la situation.

A 9h30, les équipes du PCS sont en place et opérationnelles sur leurs lieux de repli respectifs : les cellules Décision (Poste de Commandement Communal), Transmission / Communication et Intervention / Evaluation au gymnase Bolès, la Logistique au Centre Technique Municipal.

 

Les effets du séisme à Crolles : quelques éléments du scénario

Dans un premier temps, le séisme entraîne la coupure des réseaux de téléphone et d’électricité sur plusieurs communes, dont Crolles ; ces réseaux seront rétablis aux alentours de 10h. Les secousses provoquent aussi l’effondrement de bâtiments, notamment un supermarché situé dans la zone industrielle, et endommagent un certain nombre d’infrastructures, parmi lesquelles la mairie, des établissements recevant du public, des habitations et, par endroits, le réseau routier.

Dans la matinée, un éboulement se produit sur le massif de la Chartreuse au niveau du Craponoz : sur une commune limitrophe, un bloc a atteint la route départementale, empêchant la circulation des véhicules.

Vers midi, le nombre de sans-abris sur la commune de Crolles s’élève à 400 personnes.

Deux heurs plus tard, il semble qu’une cuve de fuel domestique se soit déversée dans le réseau d’eaux pluviales.

Peu après 14h, une réplique se fait sentir : la secousse entraîne une nouvelle coupure du téléphone et de l’électricité, pour une durée de ¾ d’heures.

Vers 16h, on apprend en cellule de crise que plusieurs victimes ont été tirées des décombres, sans que le nombre exact ne soit précisé.

 

Un exercice riche d’enseignements !

L’ampleur de l’événement et des dégâts simulés a poussé les élus et le personnel à réfléchir à des aspects de la gestion de crise dont certains n’avaient pas au préalable fait l’objet d’une réflexion aussi poussée.

Crolles s’est pourtant bien investie dans la mise en place de son PCS et n’a cessé de le faire évoluer en intégrant ses retours d’expériences sur des événements réels et  des exercices. Une belle illustration qui montre que le PCS ne doit pas se limiter à son aspect documentaire et qu’il n’est pas un outil figé mais qu’il peut au contraire toujours être enrichi !

Les principales problématiques soulevées au PCC ce 14 avril, et pour lesquelles des éléments de réponse ont pu être apportés, concernaient les thèmes suivants :

  • l’information de la population sans téléphone ni électricité
  • la prise en charge des élèves par les enseignants (liens PCS / PPMS) puis, à partir de 16h30, par le personnel communal
  • l’accueil d’un grand nombre de sinistrés en tenant compte d’éventuelles coupures de courant en cas de répliques
  • les mesures à prendre face aux risques d’éboulement sur la Chartreuse qui augmentent du fait des secousses sismiques
  • le ravitaillement d’un grand nombre de sinistrés (estimation : 1 000 personnes) à très court, court et moyen termes (jour-même, prochaines 48 h, puis au-delà)
  • le soutien psychologique et l’accompagnement de la population
  • les procédures réglementaires de gestion des décès sur la commune : modalités de prise en charge des corps et responsabilités du maire en la matière ainsi que vis-à-vis des familles des défunts

Un bilan positif donc pour la commune, car même si certains aspects de l’organisation de crise doivent encore être améliorés, la situation a globalement été gérée dans le calme, et les acteurs du jeu (élus, personnel communal et habitants membres de la Réserve Communale de Sécurité Civile), ont fait preuve d’une implication et d’un intérêt certains pour l’exercice.

En savoir plus :

> Toutes les informations sur le scénario, les communes participantes et les communiqués de la préfecture diffusés aux communes le 14 avril :
http://www.isere.pref.gouv.fr/sections/risques3689/risques_naturels/seismes

> Les reportages de France 3 Alpes :
http://alpes.france3.fr/info/agglo-de-grenoble--retour-sur-richter-38-68368887.html?onglet=videos

> Documentation de l’Institut des Sciences de la Terre sur le séisme simulé :
http://isterre.obs.ujf-grenoble.fr/article587.html



Commentaires »


L'inondation de l'Arbresle en 2008 : la pire crue des 200 dernières années :
inondation de l'Arbresle en 2008
Tout savoir sur le glissement de terrain de 1931 au Châtelard (Bauges) :
glissement de terrain du Châtelard - les Maîtres du Mont déserté

 

Haut de page

L'Institut des Risques Majeurs est soutenu par :

Conseil départemental de l'Isère Région Auvergne Rhône-Alpes DREAL Rhône-Alpes
© 2000 - 2019 Institut des Risques Majeurs | Plan du site | Notice légale | Crédits | Contact |