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Six morts dans un séisme qui a frappé le nord de l'Italie

| le 22-05-2012 | par François Giannoccaro - Directeur de l'IRMa | 9454 vues | Recommander cet article | Ajouter aux favoris |
Six morts dans un séisme qui a frappé le nord de l'Italie

Le fort séisme qui a frappé le nord de l'Italie dans les régions de Modène et de Ferrare en occasionnant au moins six morts et des dommages très importants vient nous rappeler que Rhône-Alpes est l’une des régions les plus sismiques (risques moyens et modérés) de France métropolitaine.

Séisme de l'Aquila du 6 avril 2009 / photo prise le 22 juin 2009 © Marc Givry

 

Le  nord-est de l'Italie a été frappé, dans la nuit de samedi 19 au dimanche 20 mai vers 4h00, par un des plus forts séismes à avoir été enregistrés dans le pays durant les dernières années. De magnitude de 5,9 degrés sur l'échelle de Richter (révisée à 6), ce séisme a touché les régions de Modène et de Ferrare, en Emilie Romagne. Le dernier bilan fait état de 6 morts, de nombreux blessés et de dégâts très importants dans une région au patrimoine classé. La secousse a été ressentie dans tout le nord-est de la péninsule, de l'Emilie-Romagne à la Vénétie, mais également, bien que plus légèrement, en Lombardie, dans le Frioul ou en Toscane.  3 000 personnes ont dû être évacuées et hébergées dans des centres d’accueil improvisés. D’autres ont passé la nuit dans leur voiture, le plus loin possible des bâtiments.

Cet évennement vient nous rappeler que Rhône-Alpes est l’une des régions les plus sismiques (risques moyens et modérés) de France métropolitaine.

 

La sismicité dans le sud-est de la France : Rhône-Alpes est l’une des régions les plus sismiques de France métropolitaine

Selon la place scientifique grenobloise, la zone la plus active se situe de part et d’autre de la frontière franco-italienne, le long de deux « arcs » : l’arc sismique piémontais, situé en Italie en bordure de la plaine du Pô, et l’arc briançonnais qui traverse l’Ubaye, le Queyras, la région de Briançon et la Vanoise avant de rejoindre le Val d’Aoste. Le long de ces deux arcs, dont on avait pressenti l’existence depuis le milieu du siècle dernier sur la base de la sismicité historique, l’activité sismique est très continue, presque quotidienne. Un troisième arc se dessine plus à l’est, sous la plaine du Pô, au sud de Turin. L’une des plus importantes découvertes de ces dernières années est l’existence d’un quatrième arc, situé beaucoup plus à l’ouest, que l’on peut suivre depuis la vallée du Drac, au sud de Grenoble, jusqu’à Sixt (Haute-Savoie), en passant par Uriage et Allevard (Isère), Saint-Pierre-d’Albigny (Savoie), Faverges, le Grand-Bornand et Samoëns (Haute-Savoie).

Entre Monestier-de-Clermont et Allevard (Isère), cet arc subalpin a une partie sud très rectiligne et assez active qui a été baptisée « Faille bordière de Belledonne » parce qu’elle s’appuie sur le flanc ouest du massif du même nom. Les séismes qui s’y produisent ont des magnitudes (Echelle de Richter) qui restent modérées (inférieures à 3,5). La majorité d’entre eux étant située vers 5 km de profondeur, la faille n’est pas décelable en surface. On a pu mettre en évidence qu’il s’agissait d’une faille de coulissage horizontal permettant au massif de Belledonne de se déplacer très lentement vers le sud-ouest (probablement guère plus d’un millimètre par an) par rapport au Grésivaudan et au massif de la Chartreuse. Le plus gros séisme qui se soit produit récemment sur la faille bordière de Belledonne est celui de Laffrey, en 1999 (magnitude 3,5), qui a généré de très nombreuses répliques dans les mois qui ont suivi.

Une autre faille s’est aussi manifestée de façon spectaculaire en juillet 1996 lors du séisme d’Épagny (Haute-Savoie) qui a atteint la magnitude de 4,9 sur l'échelle de Richter. C’est la faille du Vuache, du nom du chaînon qui, au nord-ouest d’Annecy, relie le Jura au massif des Bornes. L’étude des répliques a permis d’établir que, là aussi, il s’agissait d’une faille de coulissage horizontal située à très faible profondeur (entre 1 et 3 km). Le séisme d’Épagny est le plus important séisme qui se soit produit dans les Alpes françaises depuis le séisme de Corrençon (Isère), en 1962. Il a provoqué 400 millions de francs de dégâts, principalement en raison de la faible profondeur du foyer, de sa survenance dans une zone habitée, et surtout d’effets de site (entrée en résonance des couches alluvionnaires peu consolidées de la Plaine d’Épagny).

Le site web du réseau Sismalp (voir lien ci-dessous) dispose d’une page dynamique mise à jour en temps réel. On peut y visualiser les derniers séismes que vient de détecter le réseau d’alerte, la liste des dernières localisations, l’« avis de localisation » correspondant au dernier séisme ressenti dans le Sud-Est, et les communiqués de presse diffusés ces dix dernières années en cas de séisme jugé suffisamment important (magnitude supérieure à 2,5 environ).

En savoir plus :

> Sur le risque sismique dans la Région Rhône-Alpes
http://www.irma-grenoble.com/04risques_rhone_alpes/01atlas_region.php?id_CRA=13

> Sur les derniers séismes répertoriés par le réseau Sismalp basé à Grenoble
http://sismalp.obs.ujf-grenoble.fr/

> Connaitre notre dossier thématique multimédia "La terre tremble !!! Et Rhône-Alpes dans tout ça ?"
http://www.irma-grenoble.com/05documentation/04dossiers_numero.php?id_DT=5

> Le programme national de prévention du risque sismique
http://www.planseisme.fr/



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