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Le séisme du 16 juillet 2007 ravive les craintes sur le nucléaire au Japon, mais également en France

| le 19-07-2007 | par Céline Brun-Picard - Documentaliste, IRMa | 9243 vues | Recommander cet article | Ajouter aux favoris |
Le séisme du 16 juillet 2007 ravive les craintes sur le nucléaire au Japon, mais également en France

Le séisme du 16 juillet 2007 ravive les craintes sur le nucléaire au Japon, mais également en France : le réseau « Sortir du nucléaire » dénonce une nouvelle fois, la sûreté des installations nucléaires de base (INB) françaises face au risque sismique. Dans la région Rhône-Alpes, les centrales du Bugey et de Saint-Alban-du-Rhône seraient particulièrement concernées.

Des dizaines de dysfonctionnements ont été constatés dans la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa à la suite du tremblement de terre du 18 juin…

Lundi 18 juin 2006, un séisme d’une magnitude de 6,8 sur l’échelle de Richter a frappé le Japon, dans la région de Niigata. Ce tremblement de terre a conduit à l’effondrement de quatre cents maisons, et à des glissements de terrain ; il a causé neuf morts et un millier de blessés. Plus de dix mille personnes ont été évacuées. Le séisme a produit ses effets sur des bâtiments très sensibles : une fuite d’eau radioactive a été détectée à la suite d’un incendie dans la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa.

Le jour même, les institutions japonaises assuraient la population que « la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, située dans la région la plus durement touchée, n'avait pas été endommagée. » Le quotidien Le Monde rapportait le mercredi 17 juillet, qu’ « un début d'incendie, rapidement maîtrisé, s’était produit dans un transformateur électrique et une fuite d'eau radioactive avait été détectée mais "elle était bien en deçà du niveau qui pourrait affecter l'environnement" », selon les déclarations du porte-parole de Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire de la centrale.

C’était sans compter, quelques heures plus tard le mercredi, sur l’annonce par la compagnie exploitant la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa selon laquelle la radioactivité de l'eau qui s'est échappée dans la mer après le séisme avait sous-estimée. Les dysfonctionnements à l’intérieur du site nucléaire, se compteraient par dizaines (AP). L’exploitant de la centrale a publiquement présenté ses excuses pour les dysfonctionnements constatés, tout en soulignant que les mesures de sécurité avaient été respectées. Les sept réacteurs de la centrale nucléaire ont malgré tout été fermés par le maire de la Ville, qui s’est dit « inquiet » sur l’état de la centrale.

 

… La sûreté des INB de notre Région serait-elle mise en péril par un éventuel séisme ?

Au vu de ces derniers événements, le réseau « Sortir du Nucléaire » a tenu à dénoncer l’état des centrales nucléaires françaises, qu’il juge bien insatisfaisant si un séisme d’une telle magnitude venait à se produire.

Les dénonciations émises par le réseau associatif avaient déjà été formulées en 2003. Selon le réseau « Sortir du Nucléaire », qui fonde une partie de ses arguments sur un rapport de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire », « les centrales nucléaires EDF ne [seraient] pas adaptées au risque sismique français. Depuis 2003, EDF [refuserait] de payer les 2 milliards d'euros de travaux nécessaires. EDF [aurait] falsifié des données sismiques pour cacher les faiblesses de ses centrales. »

Face à ces propos, la direction de la centrale nucléaire du Bugey s’est voulue rassurante, d’après un article du Dauphiné Libéré du 18 juillet. Les sites nucléaires sont régulièrement soumis à des contrôles, à la suite desquels les renforcements jugés nécessaires à la sûreté des sites seraient engagés.

 

Bref retour sur la sécurité parasismique des centrales nucléaires en France

En France, au titre de la réglementation parasismique, on classe les centrales nucléaires dans les installations dites à « risque spécial ». Selon la circulaire du 27 mai 1994, « pour ces installations, la prévention du risque sismique fait l'objet d'une étude au cas par cas. L'examen du risque sismique relatif à une installation classée s'intègre dans l'étude de danger, au même titre que celui des autres risques naturels. » En France, EDF soumet ses centrales au contrôle de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

 

« Pour un site donné, la détermination du niveau sismique auquel les installations doivent résister s'effectue de la manière suivante :

  • on détermine le "séisme maximal historique vraisemblable" (SMHV) qui est le plus fort séisme ayant été ressenti dans la "province sismotectonique" du site (région présentant une unité du point de vue structure géologique et activité sismique) dont on déplace le foyer au point le plus proche du site compatible avec la structure des accidents géologiques (failles) qui l'ont engendré. Le SMHV est caractérisé par son niveau d'intensité et par l'estimation de sa magnitude et de sa profondeur de foyer,
  • à partir du SMHV on détermine le "séisme majoré de sûreté" (SMS) en majorant le niveau d'intensité d'une unité.

 

Au point de vue des critères de sûreté, on impose que :

  • en cas de SMS, la centrale doit pouvoir être arrêtée et maintenue en état d'arrêt sûr,
  • en cas de séisme égal à la moitié du SMS, tous les éléments ayant un rôle de sûreté doivent pouvoir continuer à fonctionner sans avoir subi aucun dommage, ce qui implique que la centrale pourra être remise en exploitation après une inspection détaillée et les réparations des dégâts éventuellement subis par les éléments ne jouant pas un rôle de sûreté et qui peuvent ne pas avoir été dimensionnés pour résister au séisme. »


(extrait du rapport de Christian Kert sur les techniques de prévision et de prévention des risques naturels)

En savoir plus :

> Les centrales nucléaires EDF ne sont pas adaptées au risque sismique français : Communiqué de presse du réseau "sortir du nucléaire", 16/07/2007
http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=dossiers&soussousmenu=seismes&page=index

> Rapport sur les techniques de prévision et de prévention des risques naturels : séismes et mouvements de terrain
http://www.assemblee-nationale.fr/rap-oecst/risque95/titre1-5.asp

> "La protection contre les risques externes", dossier de Contrôle, n°142 (2001) la revue de l'autorité de sûreté nucléaire (ASN)
http://www.asn.fr/sections/rubriquesprincipales/publications/dossiers-controle/dossiers-controle-2001/protection-contre/

> Circulaire DPPR/SEI du 27 mai 1994 relative à l'arrêté du 10 mai 1993 fixant les règles parasismiques applicables aux installations classées pour la protection de l'environnement
http://aida.ineris.fr/textes/circulaires/text0399.htm



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