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Le refuge de la Pilatte a mis en place un POMSE face au risque de mouvement de terrain

Le 03-08-2012 | Par Marion Rousselon - Ingénieur en prevention des risques, IRMa | 3718 vues | Recommander cet article | Ajouter aux favoris |
Le refuge de la Pilatte a mis en place un POMSE face au risque de mouvement de terrain

Le refuge de montagne de la Pilatte qui culmine à 2577 mètres d’altitude sur la commune de Saint-Christophe-en-Oisans, a mis en place un Plan d’Organisation et de Mise en Sûreté (POMSE) face au risque de mouvement de terrain. La procédure établie par l’IRMa, en collaboration avec le Club Alpin Français et le gardien du refuge, vise à coordonner une évacuation du bâtiment en cas de menace de glissement.

Situé au pied du massif des Bans, en plein cœur du Parc national des Écrins, le refuge de la Pilatte est d’abord une magnifique promenade pour les randonneurs, mais aussi un rendez-vous incontournable pour les alpinistes car il est le point de départ pour de nombreuses courses de tous niveaux.

Située à 3h45 de marche depuis la Bérarde (Saint-Christophe-en-Oisans), sa vocation essentielle est donc l’accueil pour une nuit (rarement plus) des randonneurs et des alpinistes, soit comme halte avant l’ascension de glaciers, soit comme une étape au cours d’un circuit,  soit comme but de randonnée. Avec une capacité d’hébergement de plus de 100 personnes, la Pilatte est un bâtiment qui, comme de nombreux refuges de montagne, se voit confronté à la gestion de l’accueil du public en site isolé et sensible.

Le risque de mouvement de terrain qui menace le refuge

L'accès au glacier depuis le refuge était aisé au siècle dernier. Mais le recul du glacier de plusieurs dizaines de mètres a rendu d'année en année cet accès plus difficile. Ce retrait glaciaire a eu comme conséquence de réduire la charge sur le massif rocheux, entraînant au plan géologique un "glissement plan" de l'épaulement sur lequel est situé le bâtiment. Ces évolutions géologiques ont provoqué la fragilisation du refuge par des fissures qui continuent d'évoluer.

Aujourd’hui, le risque est un glissement important de l'épaulement rocheux qui pourrait avoir des conséquences directes sur l'intégrité du refuge.

Depuis la découverte de ce phénomène, de manière à suivre son évolution, différents suivis sont effectués :

  • un suivi structurel du bâtiment depuis 1994
  • un  suivi géologique du promontoire depuis 2009
  • une surveillance par le gardien depuis 2012.

Face à l’inquiétude quant à l’évolution du massif, il est apparu nécessaire de compléter ce dispositif de surveillance par un plan d’évacuation si le glissement se manifestait.

Le plan d’organisation et de mise en sûreté du refuge

La procédure d'évacuation qui a été rédigée par l'IRMa, par le délégué du refuge du CAF Bertrand Quencez et par le gardien du refuge Henri Brosse, a pour objectif de coordonner deux types d’évacuation du bâtiment :

  • une évacuation préventive en cas d'apparition de signes précurseurs : information des randonneurs, fermeture du refuge, organisation de la redescente à pied en lien avec les autorités,…
  • une évacuation d’urgence en cas de glissement effectif : regroupement des clients et du personnel dans le local repos, récupération d’un sac à dos d’urgence (contenant lampe torche, couverture de survie, radio,…) et évacuation par l’arrière du bâtiment pour une éventuelle prise en charge par les secours,…

Cette procédure a été synthétisée dans un petit classeur d’urgence qui reprend différents éléments opérationnels : plan d’évacuation, lieux de mise à l’abri, procédures, annuaires, documents de suivi de l’évènement, affiches informatives (en français et anglais) pour rappeler les consignes,….

Il a été finalisé en juillet et apporté au gardien. Il devrait permettre de pallier toute éventualité en l’attente de la construction sur le versant opposé d’un nouveau refuge dont les études sont en cours, et qui pourrait voir le jour à l’horizon 2015.

La nécessité de promouvoir l’élaboration d’un guide à destination des établissements recevant du public

L’exemple du refuge de la Pilatte montre l’importance de réfléchir à des outils d’aide aux établissements recevant du public ou structures accueillant de nombreuses personnes face à la problématique des risques majeurs.

Si aujourd’hui il existe un cadre réglementaire et documentaire pour les établissements scolaires (les Plans Particuliers de Mise en Sureté),  les ERP, commerces ou entreprises ne disposent pas de guide pour les aider à prendre en compte les évènements exceptionnels,  qu’ils soient d’origine naturelle, technologique, météorologique.

C’est pourquoi l’IRMa doit démarrer dès le mois de septembre un projet associant les responsables locaux, les services de secours et les représentants d’entreprises et ERP, de manière à élaborer un guide "Plan d’Organisation et de Mise en Sureté". Des bonnes pratiques seront ainsi fournies à ces établissements que la réglementation a pour l’instant laissés pour compte…



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